Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil FONDATION DES AMIS DE L'ATELIER La Polyvalence en ateliers à l'ESAT Mosaïc, France
Pour aller plus loin
FONDATION DES AMIS DE L'ATELIER
  • 17 rue de l'Egalité 92290 CHATENAY-MALABRY France
  • 01 46 29 59 00
  • contact@nullamisdelatelier.org
  • beauchef
  • a.beauchef@nulllesamisdelatelier.org
  • ESAT du Parc de Courtaboeuf - Mosaïc Services


La Polyvalence en ateliers à l'ESAT Mosaïc, France

  • Travail et activité : Production et service
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par beauchef le 06/08/2010

Si la polyvalence en ateliers était perçue au départ comme une obligation, elle est par la suite devenue source d'enrichissement.



Résumé : Si la polyvalence en ateliers était perçue au départ comme une obligation, elle est par la suite devenue source d'enrichissement.



1- Contexte



Je suis psychologue à mi-temps, au Centre d’aide par le travail des Ulis depuis 8 ans, nous accueillons 80 travailleurs, répartis en trois ateliers : la restauration, le conditionnement, la blanchisserie.

Nous sommes situés dans une zone industrielle au sud de l’ile de France. Ceci nous aide dans notre travail, des salariés des entreprises viennent déjeuner au restaurant, ils utilisent les services de la blanchisserie.


Notre équipe est composée d’un directeur, d’un chef de service, d’une psychologue à mi temps, d’une comptable à mi temps, d’une adjointe de direction, de 4 moniteurs pour l’atelier blanchisserie et de 3 moniteurs pour le conditionnement et la restauration. A la restauration interviennent aussi une caissière et un agent de service intérieur.


Le médecin du travail a un bureau dans l’établissement, elle connaît bien tous les travailleurs.

 

Cette proximité est importante.



2- Finalité de la polyvalence



A l’ouverture du CAT, seul l’atelier de conditionnement fonctionnait. Lorsque l’atelier blanchisserie a débuté des travailleurs du conditionnement sont allés y travailler et de nouvelles personnes ont été embauchées. Puis lorsque l’atelier restauration a démarré, peu de nos travailleurs ont souhaité s’y rendre, par peur de l’inconnu. Nous avons alors eu l’idée de la polyvalence de « remplacement », selon un rythme précis, d’une journée par semaine dans l’atelier « restauration », afin d’appréhender différemment le travail et de pouvoir en cas de nécessité y travailler sans apriori.


C’est ainsi qu’est née la polyvalence, qui fait maintenant partie intégrante de notre fonctionnement, qui existe sous différentes formes et pour différentes raisons.


Nous avons commencé cette polyvalence un peu par obligation, maintenant c’est une richesse pour tout l’établissement, ainsi que pour les travailleurs qui le souhaitent.


Maintenant tous les ans, lors des APP (Accompagnement Professionnel Personnalisé) qui sont signés avec chaque travailleur, celui-ci peut demander une polyvalence, ou bien nous pouvons lui en proposer une.


Des objectifs se sont dégagés au fil du temps :

-          Acquérir des connaissances nouvelles

-          Susciter des désirs, une motivation

-          Eviter la lassitude d’un même travail

-          Conserver un équilibre personnel de manière durable

-          Permettre de répondre aux besoins du marché



3- La mise en œuvre



La polyvalence signifie :

- Travailler sur plusieurs ateliers

- Posséder une compétence principale

- S’ouvrir à d’autres compétences, de manière à se mettre au service d’un ensemble, avec des règles établies.

-    elle se fait la plupart du temps d’une semaine sur deux, on évite un mois;
-    elle est sur 2 ateliers au maximum, pas sur les trois de l’Esat;
-    elle fait partie du projet professionnel de la personne.

Lors des stages, les personnes vont sur tous les ateliers, cela nous permet, s’il y a embauche de demander à la personne si elle souhaite entrer dans cette polyvalence, mais nous ne le proposons pas à tout le monde. Pour certains c’est contre indiqué, pour d’autres c’est très important.

La polyvalence est une possibilité proposée dès le départ :

-individualisée, qui implique une adhésion  qui est contractualisée, En vue d'acquérir une compétence nouvelle sur un atelier .


Mettre en place la polyvalence a demandé à l’équipe de bien s’organiser, de communiquer, notamment lors de nos réunions d’équipe, pour ainsi prévoir les besoins, les absences, congés.
C’est avant tout une démarche valorisante : « toi aussi tu es capable de faire ce travail », « tu peux faire », « tu peux découvrir de nouvelles tâches », « nous avons besoin de toi ».

En effet les taches de la sous-traitance, du conditionnement sont des tâches, pour la plupart, connues des travailleurs. Dans leur parcours, ils les ont déjà effectuées, elles sont plus sécurisantes. Par contre, aller vers les autres ateliers, c’est aller un peu vers l’inconnu. La polyvalence sert également à montrer aux travailleurs, que dans tous les ateliers, il y a des taches qui se ressemblent, des taches répétitives, accessibles à tous.


La vision que chacun se fait d’un atelier évolue donc. Les travailleurs découvrent qu’en cuisine, tout comme en blanchisserie, il a y du rangement, du ménage, qu’on peut travailler sur des machines, faire un travail de saisie informatique, etc.


La mise en place de la polyvalence nécessite de notre part une attention particulière à la personne. Certains sont angoissés par un travail nouveau, d’autres, en raison de leurs déficiences, ont besoin de temps pour apprendre de nouveaux gestes. Certains cherchent la stabilité d’un atelier. Pour d’autres la polyvalence est très enrichissante, découverte de nouvelles capacités personnelles, de nouvelles activités, qui peuvent les conduire vers un travail à l’extérieur.

Si la polyvalence est devenue une richesse dans notre établissement, c’est qu’elle n’est surtout pas obligatoire, ni une finalité en soit. Nous ne souhaitons pas mettre les personnes en échec et cette polyvalence n’est pas bénéfique pour tout le monde. D’une manière générale, chaque atelier est valorisé par cette circulation de nos travailleurs, car ils reconnaissent que chaque atelier à ses exigences.


4. Les moyens nécessaires


Cette organisation ne demande pas de moyens financiers particuliers. Elle demande par contre une organisation, une volonté, une motivation de l’ensemble de l’équipe afin de porter et d’accompagner les travailleurs.


5. le bilan

Cette polyvalence est très riche pour l’ensemble de l’établissement, elle crée un dynamisme et peut être reproductible ailleurs.

Néanmoins, lorsqu’un travailleur demande à effectuer une polyvalence, il ne faut jamais se précipiter dans la réponse.

Un équilibre est nécessaire à trouver entre les besoins de l’établissement et ceux de nos travailleurs, sans oublier leurs désirs.

Il faut parfois savoir dire nom, lorsque la demande n’est pas réalisable. Chaque travailleur à ses difficultés, ses compétences, son rythme propre, et des besoins différents selon les moments de sa vie.

La mission première d’un ESAT est d’accompagner la personne accueillie dans une dynamique professionnelle épanouissante. Il faut sans arrêt proposer des solutions adaptées à chacun, la polyvalence en est une.

 

 

Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 15 - 5 = ?
Votre réponse: