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Accueil Fédération des Personnes ayant un Handicap Mental - Zihinsel Özürlüler Federasyonu Rapport de visite de travail de Mme Dankaz, Présidente de la Fédération Z.Ö.F.
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Fédération des Personnes ayant un Handicap Mental - Zihinsel Özürlüler Federasyonu
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Rapport de visite de travail de Mme Dankaz, Présidente de la Fédération Z.Ö.F.

  • Vie sociale et quotidienne : Projet de vie
  • Asie : Turquie
  • Témoignage

Par Aynur Dankaz le 24/09/2014

Partenariat Handiplanet entre la Fédération des personnes ayant un handicap mental de Turquie (Z.Ö.F.) et la Fondation des Amis de l’Atelier (8 et 9 juillet 2013)

Rappel du programme et des objectifs

Objectifs  de l’accueil de Mme Aynur DANKAZ, Présidente de la Fédération

- Proposer un panorama des types de services et d’accueil de la Fondation

- Renforcer le lien avec les établissements

- Offrir des espaces de discussion entre les directions des établissements, les équipes et le partenaire

- Echanger sur les pratiques comparées France-Turquie

- Renforcer la dynamique de partenariat pour permettre que la Fédération devienne tête de réseau active de Handiplanet en Turquie

JOUR 1           ~ MAS Hautes Bruyères

~ DGE (Déjeuner)

~ ESAT Les Robinsons

~ Foyer-CITL Les Robinsons

JOUR 2            ~ ESAT & EA Les Ateliers de Chennevières

            ~ IME du Jeu de Paume

    

Rapport

 

"J’ai été invitée à Paris en juillet 2013 par la Fondation des Amis de l’Atelier, notre partenaire dans le cadre du réseau Handiplanet dont nous sommes membres, dans l’objectif de  voir, analyser et obtenir de beaux exemples. J’ai appris que, née il y a 50 ans comme association, cette organisation devenue Fondation il y a 2 ans est gestionnaire de 65 établissements [et services] à Paris [et en Île-de-France] auprès des personnes ayant un handicap mental ou psychique.

En voyant tout ce que cette Fondation réalise dans les domaines de l’éducation, du résidentiel, de la santé, je dois avouer que je me suis remise en cause.

J’ai vécu la possibilité d’examiner 8 établissements en 2 jours.

Ma première visite était celle d’un établissement accompagnant des personnes ayant un handicap mental ou psychique très lourd [MAS / Maison d’Accueil Spécialisé de Villejuif]. Je souhaite partager avec vous ce que j’ai vu de cet établissement, qui m’a semblé aussi confortable qu’un hôtel 5 étoiles. Les lits pour personnes ayant un handicap lourd sont différents, cependant ils étaient si bien arrangés qu’ils semblaient être des lits normaux. De la porte jusqu’aux fenêtres,  la chambre, organisée en fonction des besoins spécifiques de la personne, a été transformée en un très joli lieu. La chambre privée de la personne ayant un handicap est devenue une maison. La salle de bain et les toilettes sont dans la chambre [séparés par une porte]. Cet établissement résidentiel contient 7 sections. Chaque section rassemble des personnes ayant des spécificités différentes. Dans les sections se trouvent des salles et équipements pour répondre aux besoins des personnes : salle de soins, salon de coiffure pour les soins corporels du cheveux, barbe et ongles des personnes ayant un handicap ; une salle de massage pour permettre la circulation [motricité] ; Une salle de sport, une piscine thérapeutique, des chambres de ménage (le ménage est pris en charge par des personnes ayant un handicap moyennant rétribution par la Fondation) ; pour les activités de jour un atelier céramique, un atelier dessin, des salles éducatives, une cuisine éducative (utilisée pour y prendre des cours de cuisine), et des salles à manger ; ainsi qu’une salle de relaxation [Snoezelen]. Au contraire des salles de relaxation utilisées en Turquie comme une punition, cette salle a été meublée et décorée avec un système très particulier : l’établissement m’a expliqué l’influence que chaque objet dans la pièce produisait sur la personne ayant un handicap.

L’établissement accueille de jour également les jeunes adultes qui ont un handicap lourd et dont les familles travaillent. Parmi les personnes accueillies, j’ai pu rencontrer un jeune homme turc ayant un très lourd handicap. Aux côtés des personnes ayant un handicap se trouvaient des aides-soignants, appelés dans l’établissement des « accompagnants », qui s’occupaient des personnes. A ce moment, en repensant à ce que j’ai vécu avec mes propres enfants, j’ai eu les larmes aux yeux…

Lorsque vous regardez un tel établissement où vivent des personnes avec un handicap si lourd, vous vous sentez  en paix ; tant les résidents que les éducateurs et accompagnants étaient très souriants. Lorsque j’ai demandé s’il n’y avait jamais de points négatifs, la réponse suivante m’a été donnée : il y a eu des difficultés, qui ont été suivies par un renouvellement des équipes salariées. J’ai perçu ainsi que le mécanisme de contrôle est également tenu par les salariés. Si une personne est licenciée, les autres risquent de l’être aussi, c’est pourquoi les membres de l’équipe s’autocontrôlent pour ne pas mal agir.

Le moment le plus important que j’ai vécu à cet endroit était l’entrée dans la piscine thérapeutique d’une résidente ayant un très lourd handicap. Cette femme, qui crie beaucoup, ne peut pas marcher, et est assise dans un fauteuil roulant tout au long de la journée. L’équipe m’a informée que lorsqu’elle allait dans la piscine, ses cris cessaient et elle marchait dans l’eau, et j’ai personnellement été témoin de ce moment.

Nous sommes ensuite arrivés au siège de la Fondation pour déjeuner avec son Directeur Général M. Claude Hege, le directeur des programmes émergents M. Denis Pelsy et notre correspondante Mme Viviane Sekercioglu. De nouveau, nous avons déjeuné parmi les personnes ayant un handicap dans un établissement [ESAT L’Atelier Etablissement et service d’aide par le travail] où travaillent uniquement des personnes ayant un handicap, au sein d’un atelier cuisine, un atelier blanchisserie, [un atelier conditionnement] et un atelier espaces verts.

En nous rendant vers un autre établissement, nous nous sommes arrêtés sur la route devant un autre centre qui n’était pas prévu au programme. L’on m’a expliqué que cette « maison heureuse » au très beau jardin comporte 3 types de bâtiments [Foyer intégré la Maison Heureuse], la partie avant étant celle des appartements indépendants [studios], où les résidents vivent seuls et cuisinent eux-mêmes, pouvant recevoir des invités le week-end ; et la partie arrière où les résidents utilisaient des espaces communs.

J’ai été très impressionnée à mon arrivée sur les lieux de la visite suivante du programme, un très grand espace vert où prenaient place à la fois un établissement résidentiel [Foyer les Robinsons], un centre éducatif [CITL les Robinsons – Centre d’initiation au travail et aux loisirs]et des ateliers de travail [ESAT les Robinsons]. Nous avons d’abord visité les ateliers : l’atelier blanchisserie est un très grand atelier où beaucoup de personnes ayant un handicap travaillent. Ils gagnent de l’argent en prenant des commandes en gros et au détail. Dans un grand espace, beaucoup de travailleurs ayant un handicap réalisent des tâches d’installation [pliage,…]. Les travaux de jardinage et de ménage sont réalisés par les travailleurs au sein du bâtiment et ils vont également travailler en dehors [externe]. La nuit, [certains] sont résidents dans des appartements au sein du bâtiment voisin [indépendants du Foyer Robinsons].

Dans l’atelier [de soutien] verre, les bagues, colliers, et autres très beaux objets créés sont présentés aussi pour la vente. J’ai pu voir en les visitant et en m’y asseyant un moment l’impact des salles de céramique, de dessin et de nouveau de la très belle salle de relaxation [Snoezelen] comme nous avions pu voir dans l’établissement résidentiel, qui a la particularité de détendre les personnes ayant un trouble du spectre autistique ou les personnes qui crient. Plus tard, les programmes auxquels les personnes ayant un handicap participent m’ont été décrits. Dans le bâtiment d’à côté [CITL les Robinsons] nous avons visité un café [le salon de thé] où ce sont les personnes elles-mêmes qui, accompagnées, préparent la liste des ingrédients, vont faire les courses et préparent les gâteaux.

Dans les bâtiments où ont lieu les activités éducatives, j’ai été avec les adultes (jeunes et moins jeunes) ayant un handicap avec qui nous avons discuté ; ils reçoivent une éducation en fonction de leurs spécificités, de leur situation et de ce qu’ils aiment faire.

Lorsque nous sommes passés à l’unité résidentielle [Foyer les Robinsons] nous avons visité cet établissement d’accueil résidentiel où les étages femmes et les étages hommes sont distincts. En visitant cette unité très bien organisée et ordonnée, j’ai été témoin de la façon dont les personnes sont rentrées heureuses après avoir participé aux apprentissages éducatifs et avoir travaillé. DANS LE BUREAU DU DIRECTEUR, j’ai vu comment étaient constitués les programmes. Sur un très grand mur, étaient affichés les programmes de soin, d’éducation et de travail préparés en fonction de la personne.

Le directeur, très joyeux et surpris par la plupart de mes questions, m’a apporté un éclairage sur de nombreux sujets.

Pour ne pas déranger davantage les jeunes adultes, car nous avions dépassé légèrement l’horaire de visite, nous avons dû partir.

Le 2ème jour, notre programme était un très grand établissement construit dans une zone plus rurale de la région parisienne [ESAT et Entreprise Adaptée Les Ateliers de Chennevières]. Il s’agissait d’un établissement de travail protégé, où travaillent des personnes ayant un handicap, existant depuis plus de 30 ans !!! Et il y avait une surprise : l’assistante de la directrice est turque. J’ai suggéré une critique de l’établissement, car il est entouré de hauts murs, sécurisé par un accès d’entrée et de sortie avec un système de carte, comme si les personnes ayant un handicap étaient marginalisées ici. Ce système a en fait été mis en place contre les vols externes de matériels et de produits finis. Nous sommes passés à la visite : à nouveau, un très grand atelier blanchisserie, et des personnes ayant des handicaps mental ou psychique allant de léger à lourd qui travaillaient avec une grande précision. Nous sommes passés à l’atelier de couture [maroquinerie]. Les travailleurs coupaient, collaient le blason, cousaient, plaçaient la boucle et emballaient des ceintures Lacoste. Dans une section, des travailleurs réalisaient des sacs et portefeuilles  à partir de bâches que de grandes marques utilisent pour leur publicité et jettent. Certaines personnes travaillaient depuis plus de 30 ans, et arrivent bientôt à l’âge de la retraite. Certains travaillent tout à tour sur les ateliers de nettoyage, d’espaces verts. Ils gagnent de l’argent et sont aussi contents de travailler, vivant la satisfaction de la réalisation du travail. Lorsqu’ils se lassent, sont organisées des activités telles que du basket dans le jardin, du sport ; et chaque individu [pour la plupart] vit dans son appartement, rattaché à la Fondation qui accompagne et contrôle. Ils rentrent manger chez eux, et font les tâches de ménage et petites réparations chez eux.

Notre dernière visite était un établissement éducatif pour les enfants porteurs d’autisme de 2 à 14 ans [IME du Jeu de Paume - Institut Médico-éducatif]. C’était un jour où l’équipe éducative était en séminaire et où les élèves étaient en vacances. Chaque salle a été peinte d’une couleur différente en fonction des groupes d’âge. Les salles individuelles sont différentes. Le directeur a expliqué longuement les méthodes ABA [pour les apprentissages] et Pecs [pour la communication] utilisées. Les élèves sont en apprentissage dans l’établissement 2 jours par semaine et vont les autres jours en éducation inclusive. Dans l’établissement, une salle autre que la salle de soins contient tous les instruments médicaux ainsi qu’un fauteuil de dentiste, pour [permettre aux élèves à apprendre à] dépasser la peur du docteur.

Lorsque nous avons quitté les lieux, j’ai pensé que les organisations de la société civile [= les associations] de notre pays ont beaucoup de travail. Pourquoi n’étions-nous pas déjà dans cette situation !!! Car dans les associations, les personnes perdent du temps à être en concurrence les unes avec les autres. Pour trouver des solutions durables, il faudra dépasser les conflits, les animosités et la haine accumulés .

 

Chers Denis, Viviane, directeurs, équipes et bénévoles de la Fondation, nous vous remercions et vous félicitons... Nous espérons que nos échanges durent de nombreuses années et que nous partagerons mutuellement nos idées positives.

Avec mes salutations amicales,

 

Aynur DANKAZ

Fédération des personnes ayant un handicap mental – Turquie (Zihinsel Özürlüler Federasyonu)

Présidente

Langue d'origine : Français
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