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Accueil Association Culturelle pour la bienfaisance des handicapés mentaux - ACBHM Des initiatives vivantes d’éducation spécialisée et d’inclusion socio-professionnelle au Centre éducatif 1 de l'ACBHM , Antananarivo, Madagascar
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Association Culturelle pour la bienfaisance des handicapés mentaux - ACBHM
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  • 033 04 129 63 ou 034 11 129 63
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  • Florine Rassouanalimanana
  • acbhm_espoir@nullyahoo.fr


Des initiatives vivantes d’éducation spécialisée et d’inclusion socio-professionnelle au Centre éducatif 1 de l'ACBHM , Antananarivo, Madagascar

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Madagascar
  • Fiche d'expérience

Par Florine Rassouanalimanana le 22/07/2013

Si le besoin et l’épanouissement de structures spécialisées sont évidents à Madagascar, celui de l’orientation professionnelle s’impose également à toute structure soucieuse de l’avenir des enfants/jeunes accompagnés.

Des initiatives issues d’un contexte difficile

Tout d’abord, Madagascar est soumis à des contextes politiques et socio-économiques très précaires et instables. En effet, près de 90% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les personnes en situation d’handicap mental sont très souvent marginalisées et isolées ; les besoins et les capacités spécifiques de ce public sont méconnus par l’ensemble de la société. Ainsi, les dispositifs et structures actuels sont très majoritairement le fait d’initiative de parents/professionnels ;  ils sont pour la plupart « émergents », fondant donc les bases du champ du secteur spécialisé à Madagascar. Les besoins sont réels et importants, et l’Etat n’intervient pas et ne soutient pas (ou très peu) la mise en place de celles-ci.

En 2000, suite à la fermeture d’un centre spécialisé, certains parents, soucieux de l’accompagnement de leur enfant, s’organisent et fondent l’ACBHM : Association Culturelle pour la Bienfaisance des Handicapés Mentaux. Vingt-neuf enfants sont alors accueillis cinq matinées par semaines, encadrés par deux éducateurs.

Afin de répondre du mieux possible aux importants besoins, l’association s’est structurée et a considérablement évolué. A ce jour, près de cent usagers sont accueillis par une  quinzaine de professionnels. Deux lieux existent donc : le centre 1, qui va constituer le sujet principal de cet écrit, qui allie un centre éducatif et un pôle émergent de formation professionnelle; le centre 2 qui a pour objectif d’évoluer vers un internat et qui accueille à ce jour 45 usagers. Il est important de spécifier que près de 70% des usagers viennent de la couche populaire.

De plus, l’ACBHM, association à but non lucratif, affiche plusieurs objectifs fondamentaux : l’éducation et l’inclusion socio-économique d’usagers en situation d’handicap mental, la protection des droits de ces usagers, une volonté forte d’échanges et de partenariats, ou encore l’implication des familles/parents (à travers la formalisation d’un « contrat social éducatif »). Un cadre de valeurs essentiel soutient également ces démarches : la tolérance, l’entre-aide, la fraternité.

 

Le centre 1 : de l’éducation spécialisée

Tout d’abord, Ce centre accueille 55 usagers âgés de 6 à 32 ans, du lundi au vendredi de 8h15 à 16h15.  Les jeunes sont accueillis en demi-pension, le repas du déjeuner leur étant assuré. A ce jour, même si ce centre fonctionne sur un lieu « prêté et aménagé », l’association est toujours en quête d’un terrain sur lequel des locaux pourraient être construits, afin d’être pleinement autonome et pouvoir répondre au mieux aux besoins. L’ACBHM s’organise autour d’un bureau central, d’un directeur et de son adjointe et d’une douzaine d’éducateurs et de personnel d’appui.

Se fondant sur deux concepts majeurs, l’autonomie et la socialisation, le centre s’appuie sur deux systèmes :

  • L’éducation spécialisée de type développementale (ou fondamentale)
  • La classe sans niveau (visant la responsabilisation de chacun et l’émergence du leadership ; un éducateur pour un groupe d’une douzaine d’usagers)

L’équipe utilise également des outils/médiations  tels que : le Projet Educatif Individualisé (PEI), des outils d’évaluation (ex. : le bulletin d’évaluation individualisé) ou encore des activités socioculturelles  et sportives (approches artistiques, classe verte, classe camping, sport adapté …).

En outre, la démarche de cette association se fonde sur une dynamique de groupe très imprégnée de valeurs telles que la solidarité et l’entre-aide. Les usagers sont amenés à se responsabiliser vis-à-vis des uns des autres et l’émergence de leader est favorisée et soutenue. Il est remarquable de constater la vie de ces groupes, pleinement inscrit dans une approche sociale et solidaire.

 

 

L’inclusion socio-professionnelle

Ce centre de jour a évolué en mettant en place eu fur et à mesure un pôle d’initiation professionnelle, puis un pôle d’orientation et enfin un pôle « production ». Si le besoin et l’épanouissement de structures spécialisées sont évidents à Madagascar, celui de l’orientation professionnelle s’impose également à toute structure soucieuse de l’avenir des enfants/jeunes accompagnés.

L’ACBHM œuvre ainsi pleinement dans cette perspective. Etant dans ce pays une démarche novatrice, cette association s’emploie à trouver des alternatives pour les usagers pouvant s’inscrire dans une démarche d’accession à une plus grande autonomie ainsi qu’à la structuration de la personnalité.

Difficultés et obstacles sont majeurs autour de l'inclusion. La mise en place de ce type de démarche s’avère être jalonnée d’étapes longues et difficiles: il s’agit pour l’ACBHM de procéder par tentatives et tâtonnement. Ainsi, plusieurs tentatives d'inclusion ont été tentées : certaines échouant (dans le milieu ouvrier, arrêté car les usagers étaient peu « considérés » par les employés ; ou encore dans l’élevage d’animaux de la ferme: manque de fond pour posséder les animaux en question) et d’autres se révèlent opérantes ; « réussites » pour lesquelles une implication des familles a été déterminantes: un usager travaillant dans la fabrication d'enveloppe (initiative familiale) et un second dans le secteur du commerce (vente).

 

 

Les moyens et les obstacles

Le manque d’initiatives et d’existants, tant au niveau de l’accompagnement éducatif spécialisé que celui de l’inclusion professionnelle, génère de nombreux obstacles et rendent évidents les besoins dans ces secteurs. S’appuyant sur la force de leurs propres initiatives, plusieurs associations multiplient les partenariats et les ouvertures afin de mieux accueillir les usagers, tant au niveau des approches éducatives que des ressources matérielles/financières.

L’ACBHM fonctionne avec des moyens modestes et la principale source de financement, qui demeure insuffisante, est la participation des parents ou celles de parrains. La mise en place de parrainage ou de partenariat (Handicap Internationale, diverses associations, aides extérieures, ….) se révèle donc vital.

L’absence de subvention de l’Etat, l’insuffisance de personnel, la faiblesse du budget de fonctionnement, ou encore les charges fixes élevées sont autant de freins majeurs. Les forces et l’énergie de l’ACBHM demeurent toutefois omniprésentes et efficientes, s’appuyant sur : le caractère autonome de leurs initiatives, l’implication des parents et des professionnels, un programme éducatif construit, des partenariats concrets et entretenus, ou encore un cadre de valeurs humanistes.

Il est regrettable qu’avec une telle force dans les démarches l’ACBHM ne puisse à ce jour pouvoir revendiquer de posséder leurs propres locaux ou terrains.

 

Les perspectives

L’ACBHM, fort de plus de dix années de structuration, d’expériences, d’engagement et de tâtonnements, revendique des plans d’actions quant aux années à venir.

S’appuyant sur tout ce qui a déjà été construits et élaboré, cette institution souhaite assurer une meilleure qualité d’accompagnement et d’accueil, améliorer la gestion financière et celle des ressources humaines, optimiser  l’organisation et la pérennité. Plusieurs projets sont en train de se dessiner ou sont sur le point d’être concrétiser (projet de la création d’un village artisanal grâce au don d’un terrain, ou l’éventualité de pouvoir construire un local dans un autre secteur).

En outre, L’association envisage de devenir propriétaire d’un terrain, de faire appel à des bailleurs de fonds, de continuer à tendre progressivement vers l’inclusion socio-économique, et de tendre vers le professionnalisme. Ce dernier point intègre la formation des professionnels (qui fait défaut), l’augmentation du nombre des encadrants  ainsi que de tendre vers une équipe pluridisciplinaire.

 

A Madagascar, la constitution et l’élaboration du champ de l’éducation spécialisée demeure balbutiante alors même que son caractère nécessaire semble évident. Dans ce contexte, la force de l’engagement et des initiatives des quelques associations qui œuvrent dans ce sens sont exemplaires. L’ACBHM peut être salué pour son travail et son implication.  Sa qualité d’ouverture (surtout en direction d’instances étrangères) lui permette de multiplier les échanges et de fonder une identité authentique et structurée.

Cet écrit ne peux se terminer sans rappeler un principe fondamental de l’échange : si l’ ACBHM peux bénéficier de ce qui a été déjà fait dans d’autres pays en terme de structures et d’accompagnement, la richesse et la qualité de leurs cadres de valeurs (entre aide, solidarité, tolérance,…) est également enrichissant pour celui qui les rencontre.

 

« On ne peut donner si on est prêt à recevoir » C. Levi-Strauss

Fiche rédigée par François Bidault (IME du Jeu de Paume, Fondation des Amis de l'Atelier)

Langue d'origine : Français
Francisque Jean Charles
01/12/2013 16:09
Je reve de construire dans un avenir pas trop lointain, pour ne pas dire dès septembre prochain, une institution pédagogique qui offrira une éducation aux enfants à besoins spéciaux à Port-de-Paix. Je n'ai pas encore les moyens économiques et les professionnels en éducation spécialisée pour pouvoir ouvrir cette école mais je compte trouver des fonds pour construire un centre de recherche et de formation pour commencer à former des maitres de manière à etre pret pour l'ouverture de cette école dès septembre prochain.

Handiplanet
02/12/2013 14:12
Bonjour Monsieur Francisque,
Votre projet en Haïti est très intéressant. Vous pouvez vous mettre en lien directement avec l'association ACBHM de Madagascar pour échanger à ce sujet, en utilisant leurs coordonnées qui figurent dans le bloc "Pour aller plus loin" sur la droite de cette page.

L'équipe Handiplanet
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