Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil FONDATION DES AMIS DE L'ATELIER La Vie en Herbes, un ESAT « branché » sur la culture des plantes médicinales, France
Pour aller plus loin
FONDATION DES AMIS DE L'ATELIER
  • 17 rue de l'Egalité 92290 CHATENAY-MALABRY France
  • 01 46 29 59 00
  • contact@nullamisdelatelier.org
  • ossard
  • cat.vieenherbes@nulllesamisdelatelier.org
  • ESAT La Vie en Herbes


La Vie en Herbes, un ESAT « branché » sur la culture des plantes médicinales, France

  • Travail et activité : Production et service
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par ossard le 06/08/2010

La vie en herbes, l'un des 4 ESAT agricoles franciliens, est situé au sud de l'ile de France en milieu rural.La commune de Marcoussis était une zone de production maraichère, de légumes pour la région

1- La Vie en Herbes, au milieu des champs, près de la ville



La vie en herbes, l’un des 4 ESAT agricoles franciliens, est situé au sud de l’ile de France en milieu rural. Un réseau de bus relie aux bassins d’emplois de Massy et de Ste Geneviève des Bois par les RER B et C. La commune de Marcoussis était une zone de production maraichère, de légumes pour la région parisienne. Les terres passent d’une nature argileuse à légère à mesure que l’on s’éloigne du fond de vallée. Elles conviennent bien pour ce type de culture.


L’ESAT, ouvert en 1990, est géré par l’association les Amis de l’Atelier. Les travailleurs sont présents dans la journée de 8h30 à 16h30, ils déjeunent à la Vie en Herbes. Le soir ils rentrent dans leur logement, soit en Service d’Accompagnement à la Vie Sociale, soit en foyer, soit en ville, soit pour les plus jeunes dans leur famille. Ils ont entre 20 ans et 59 ans, la moyenne d’âge est de 35 ans. 70 % sont des hommes, 30% sont des femmes. Le profil des personnes accueillies a évolué depuis l’ouverture : les nouveaux arrivants relèvent moins de la déficience intellectuelle et le handicap psychique est de plus en plus présent.



L’ESAT est locataire d’une grande partie des terres cultivées. L’implantation dans la commune s’est faite progressivement : en effet, le projet était regardé avec circonspection, ces gens étant si différents. Maintenant l’ESAT est devenu un projet phare pour la ville et pour le Triangle Vert, association de défense de l’agriculture périurbaine. L’ESAT a aussi une activité « espaces verts » et une activité « conditionnement ».


Nous sommes en lien très étroits avec la municipalité et participons à diverses manifestations dont la fête de la fraise. L’ESAT est également reçoit également la visite d’écoles maternelles et primaires.



2- Prendre soin de soi, des autres par les plantes, un objectif avoué



A l’ouverture de l’ESAT, le directeur, agriculteur de métier, cherchait à associer des personnes en difficulté à la culture spécialisée de plantes à forte valeur ajoutée, valorisant leur rôle social. Les plantes médicinales concourant à la santé d’autres personnes, cultivées par des personnes avec une déficience intellectuelle présentait cette forme de noblesse intrinsèque. L’activité portait l’espérance d’un projet thérapeutique en lui-même. Les plantes sont produites depuis l’origine en Agriculture Biologique. Leur qualité est une excellente ambassadrice pour aider à changer le regard sur le handicap.


Imaginer une production suppose aussi trouver un marché pour ces plantes. Le marché, qu’il soit sur la place des villes ou dans les salons et foires, est un lieu d’échange, donc d’intégration des personnes qui le produisent. Cette possibilité d’aller à la rencontre des acheteurs a été un facteur déterminant.


Le travail à l’extérieur, dans la nature, est reconnu comme bienfaisant, il aide à se construire, à se « lignifier » comme les plantes. L’été les travailleurs apprécient. L’hiver moins, mais il est plus consacré à l’ensachage et à la préparation des commandes.




3- Fleurs, feuilles, racines, graines, à chacune son étape



Cette activité de production des plantes médicinales comprend plusieurs étapes : la production, l’élaboration, l’ensachage, la commercialisation.


La production est réalisée par une équipe de travailleurs : la première étape est la préparation du terrain, le labourage, le désherbage. Nous cultivons environ 40 variétés de plantes médicinales différentes. Les semences se font en serre ou bien en pleine terre. Celles que nous achetons sont labellisées biologiques, nous demandons un contrôle de certification si besoin.


Des parcelles sont consacrées aux plantes pour une période d’environ 3 ans, afin de ne pas appauvrir le terrain. Ensuite elles retournent en jachère. Un programme d’utilisation des sols est établi, des plantes étant plus consommatrices que d’autres en minéraux.


La cueillette des fleurs se fait à la main. La récolte des feuilles est faite par une machine. Des travailleurs du pôle conditionnement viennent aisément renforcer les équipes à la cueillette, ainsi que des jeunes de la ville qui trouve une occasion de faire une première expérience professionnelle et sociale.



Vient ensuite le séchage puis l’élaboration, la séparation des tiges et des feuilles. Nous sélectionnons les feuilles ou les fleurs qui contiennent le principe actif de la plante, l’huile essentielle. Les impuretés sont enlevées, un tri est fait, les tiges sont réutilisées dans le compost. Les feuilles sont mises le jour même dans de grands fûts en carton, où elles continuent de respirer, afin d’éviter les moisissures.



L’ensachage se fait plutôt en automne et hiver: le grammage est adapté en fonction du prix de la plante. Pour faciliter la commercialisation nous avons un prix unique. D’autres producteurs biologiques font appel à nous pour l’ensachage de leurs plantes.



La commercialisation si elle a été difficile à mettre en place n’est plus un souci. Actuellement, nous avons un réseau de vente suffisant auprès de grossistes ou de chaines de magasins bio comme Naturalia, Relais vert, Bio Coop… La demande de produits biologiques, naturels augmente, nous constatons tous les ans environ 5 % d’augmentation de notre chiffre d’affaires.
Nous participons à des salons commerciaux biologiques au moins une fois par an, ainsi qu’à diverses manifestations, principalement de produits bio ou naturels.


Les travailleurs sont artisans de toute cette chaîne et sont pour la plupart satisfaits de rencontrer le client final, de lui vendre le produit de leur travail.


Le CAT produit en moyenne 2 000 kg de plantes séchées et commercialise 150 000 sachets ou pots aromatiques.



4. Ceux qui entourent la production, les mains vertes



Deux moniteurs de formation agricole encadrent cette activité de production de plantes médicinales. Ils ont deux fonctions, un rôle d’accompagnement des personnes en situation de handicap et un rôle de technicien agricole. Un savoir faire a été acquis au fil des années. Nous n’avions pas de formation particulière. Nous avons pris conseil entre autre auprès du Conservatoire des plantes médicinales de Milly la Forêt en Essonne, département où cette culture est une tradition.

L’activité bénéficie aussi de l’ensemble des moyens mis en place à l’ESAT.
Avec le directeur qui administre et oriente le projet, le chef de service, de formation agronome, organise et coordonne le suivi des parcelles, la production, l’élaboration et suit les investissements pour les plantes comme pour les autres ateliers.


Une monitrice principale outre son rôle d’encadrement, assure le bon fonctionnement de toute la partie qui va de la plante en vrac, au sachet vendu au détail qu’il soit en infusettes, en feuilles, graines, fleurs, racines ou pot verseur.


L’animatrice de vie sociale propose un accompagnement individuel et a un rôle de soutien et d’écoute des travailleurs. L’établissement propose aux personnes accueillies des formations directement liées à l’exercice de leur activité professionnelle (sécurité, hygiène, prévention des risques professionnels…) ou à leur projet individuel (vie affective et sexuelle, théâtre pour l’expression de soi, …).


L’animatrice à la vie sociale organise les temps collectifs de soutien, sur place et à l’extérieur, ainsi que les temps festifs.


Un médecin psychiatre présent le lundi matin reçoit les travailleurs périodiquement et conseille l’équipe avec son regard spécialisé.



Un ESAT a un double budget :


Le budget social, assuré par une dotation globale de la DDASS, finance le bâtiment et les personnels d’encadrement.


Le budget commercial dont les recettes proviennent des ventes de la production, permet de payer les salaires des travailleurs de couvrir les charges de production et d’acheter le matériel. Une aide au poste complète le salaire des travailleurs pour arriver à un total mensuel net d’environ 700 €.



5. Cela ne pousse pas tout seul : les moyens techniques et matériels

 


La surface des terres cultivées est de 15 hectares.


Le matériel agricole est assez coûteux : 2 tracteurs sont utilisés pour entretien du sol. Ces matériels ont été adaptés aux travailleurs via des adaptations ergonomiques facilitant leur utilisation et apportant davantage de sécurité ont été réalisées par des moniteurs d’atelier. Un atelier de réparation mécanique a été mis en place.


Le matériel de conditionnement est moins coûteux : balances, soudeuses, fardeleuse, rails pour transmettre les produits, mélangeur de plantes.


Les bâtiments de l’ESAT ont une surface de 1500 m² couverts et accueillent 4 modules de 250 m2 au sol, certain ayant deux niveaux:


- un pour le service administratif et vie sociale


- deux pour le conditionnement


- un pour l’élaboration


A l’étage, se trouve la salle de restauration et un volume de stockage.



6. Vingt ans après, quels enseignements ?



Cette activité de production de plantes permet aux travailleurs de s’intégrer dans un tissu économique qui les valorise. La marque « La Vie en Herbes » est leur marque, une reconnaissance de leur travail par ceux qui consomment les plantes. L’image de qualité véhiculée par « la Vie en Herbes » valorise les travailleurs. Ils apprennent un vrai métier et possèdent un savoir faire que certains ont acquis en même temps qu’une grande maîtrise des techniques.


L’approche biologique, reflète une responsabilité environnementale et sociétale. Seule une mention au dos des sachets de plantes indique la provenance « médico-sociale » des produits. Cela suffit pour engendrer une grande fidélité des clients.


Des limites sont à relever aussi. Un ESAT a la vocation d’aider les travailleurs à entrer dans le milieu du travail. Or peu y parviennent, la plupart des travailleurs continuent à l’ESAT. Nous constatons aussi un vieillissement des personnes. Aussi lorsque le travail extérieur devient pénible pour elles, elles s’orientent vers le conditionnement. Il n’est pas simple de maintenir un effectif suffisant pour le travail des champs.


Ce type de production peut être réalisé dans tous les pays, chaque peuple à une tradition de soin par les plantes. Les plantes médicinales sont souvent rustiques et poussent assez naturellement. Ne les appelle-t-on pas les simples !

Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 4 + 4 = ?
Votre réponse: