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Accueil Des formations d'accessibilité culturelle à destination des personnels travaillant au sein d'établissements et services sociaux et médico-sociaux, France.


Des formations d'accessibilité culturelle à destination des personnels travaillant au sein d'établissements et services sociaux et médico-sociaux, France.

  • Travail et activité : Formation
  • Europe : France
  • Témoignage

Par Micha Stafford le 18/03/2011

Présentation

 

Je suis une fervente partisane du droit à l’accès à la culture pour tous. J’ai fait partie de Cémaffore et ai participé à la création du réseau Musique et handicap. J’appartiens désormais au comité de pilotage de ce réseau. Il s’agit d’un réseau non centralisé, réunissant plus de 300 professionnels signataires de la Charte Musique et Handicap en faveur de l’accès des personnes handicapées aux pratiques musicales. Par le biais de ce réseau, des professionnels de la culture, du sanitaire, social, médico-social ainsi que de l’éducation nationale peuvent partager leurs pratiques afin de promouvoir l’intégration des personnes en situation de handicap au sein des établissements de pratique musicale. Il est question en l’espèce de l’orientation des personnes handicapées mais également de la formation des enseignants.

 

Des formations d’accessibilité culturelle à destination des établissements et services SMS

 

 

Après avoir été psychologue en MAS, IME, et SAMSAH, je travaille désormais en tant que formatrice free-lance, depuis deux ans. J’aide les établissements sociaux et médico-sociaux ainsi que les collectivités territoriales à monter leurs projets. Ma fonction s’adresse à tous types de handicaps confondus.

 

Ayant été directrice adjointe d’une MAS, je connais bien les fonctionnements institutionnels et ce que l’on peut attendre au niveau de la démarche qualité. Quand j’interviens au sein d’un établissement, c’est à la fois pour redonner du sens et réfléchir à l’atelier artistique qui a été mis en place, mais cela peut aussi être de la pure méthodologie : décrire le projet de l’atelier, réfléchir aux résidents que l’on souhaite inclure dans ce projet, écrire le projet du résident de façon à l’articuler avec son projet de vie.

 

J’appelle cela l’accessibilité culturelle. Ces formations d’accessibilité culturelle répondent au besoin de travailler sur l’offre culturelle proposée au sein des institutions, et d’améliorer les façons de rendre la culture accessible aux personnes handicapées.



                                      
Fuir l'occupationnel au profit d'un vrai projet artistique


A titre d’exemple je peux évoquer ma future intervention au sein d’un foyer de vie. Des intervenants extérieurs viennent tous les 15 jours dans ce foyer et ce sont les éducateurs qui animent la chorale à tour de rôle, depuis 17 ans. Mon rôle va être de les faire réfléchir tous ensemble sur le projet actuel, car l’institution souhaite prendre le temps de réfléchir à cet atelier « chorale ». Une fois que les ateliers sont mis en place, il est très rare de porter une véritable réflexion sur leur fonctionnement…De cette façon, on passe très vite à une intervention routinière ou encore à du pur occupationnel.

 

En revanche, lorsqu’un intervenant extérieur est compétent du côté artistique et du côté institutionnel, on se donne des ambitions plus élevées. Voici mon vrai rôle : inciter l’institution à ne pas être dans de l’occupationnel, mais au contraire à être dans un vrai projet artistique avec (quand cela est possible) une ouverture sur la Ville.

 

Je dois pour cela donner les moyens à l’institution d’être dans une démarche ouverte sur l’extérieur, afin que ce ne soient pas les « musicos » du coin qui assurent l’atelier. C’est malheureusement souvent le cas et les personnes handicapées peuvent en souffrir. Les ateliers « musique », dans certaines institutions, sont menés par les éducateurs qui eux-mêmes pratiquent la musique. Ainsi, s’il n’y a pas un vrai questionnement sur ce que l’on souhaite faire, il y a parfois des dérives : les encadrants et accompagnants se font plaisir mais apporte peu aux personnes handicapées, ces dernières restant parfois cantonnées à un rôle assez passif. Les musiciens sont excellents pour faire de la musique avec d’autres musiciens, mais ils n’ont pas nécessairement les outils d’adaptation destinés aux personnes handicapées.

 

Il faut donc se donner les moyens pour que le rôle des résidents soit à la hauteur de leurs capacités, pour qu’ils soient musiciens, qu’ils aient un rôle actif au sein de ces ateliers.

 

S’il y avait un réel questionnement sur ce que peut faire chaque résident (« quelle est la capacité de Jacques, que pourrait-on lui donner ? Il n’a pas de motricité niveau gauche, mais niveau droit il possède telle capacité, donnons lui une aide technique afin qu’il puisse jouer… »), alors il y aurait là une véritable réflexion menée et la personne pourrait exploiter tout le potentiel dont elle bénéficie.

 

 Mon rôle est vraiment de venir dans une institution, prendre une journée avec l’équipe, écouter quelles sont les capacités des résidents, en quoi consiste le projet institutionnel. Cela permet, à la fin de la journée, d’avoir repensé le projet et d’avoir présenté des aides techniques. J’aide donc l’institution à faire de la pédagogie adaptée.

 

C’est en quelque sorte de la méthodologie de projet, à savoir quelque chose que les cadres souhaitent souvent mettre en place, mais n’ont pas le temps (ou ne sont entendus par leurs équipes) au sein de la vie institutionnelle. Cela vaut pourtant le coup, de temps en temps, de prendre cela en compte dans un budget de formation.

 

Concernant le suivi, je l’effectuerai avec plaisir si on me demandait de le faire ! Mais cela fait trop peu de temps que mon activité a été lancée. Ce serait effectivement l’idéal, mais à ce jour je n’ai jamais reçu de demande provenant d’une institution. C’est différent lorsque j’interviens en tant que regard extérieur dans un atelier qui ne se situe pas forcément dans le champ du handicap. Il s’agit plus de coaching : je prends connaissance de la mise en place de l’atelier, je fais de la musique avec eux et je les aide à évoluer de façon progressive. Dans ce cas précis, il y a un vrai suivi.

 

Une ville ou une collectivité locale se doit de permettre l’accès à la culture pour tous. Si elle propose des cours de musique au conservatoire ou si elle propose une intervenante musicale dans des écoles, elle se doit aussi d’intervenir dans les structures spécialisées. Ainsi, dès que je le peux, je fais part de cela lors des formations et c’est ensuite au directeur de voir ce qu’il désire entreprendre.

 

Evolutions

 

Je vais sûrement créer un cabinet conseil en accessibilité culturelle. Ce que j’adorerai c’est qu’il y ait des demandes de la part des établissements (médico-sociaux ou culturels), des personnes handicapées, ainsi que des familles. En effet, de nombreuses familles voient un potentiel musical chez leur enfant (ce qui est complètement cohérent pour les personnes handicapées mentales) et se retrouvent un peu désœuvrées, ne sachant pas où s’adresser pour exploiter au mieux ce potentiel.

 

J’aimerais qu’il y ait une prise de conscience de cela et que les institutions puissent développer des formations dans ce sens. Actuellement les formations se dirigent de plus en plus vers les techniques fondamentales, et de ce fait on est en train d’oublier que les formations servent aussi à enrichir le personnel, lui donner de nouvelles pistes et du « peps » pour son travail. Mais il est vrai qu’à partir du moment où le directeur est garant de la formation de son personnel, il est normal qu’il se repose sur celles qui donneront des résultats rapides et concrets. Il ne faut pourtant pas délaisser la culture au nom de la sécurité.

 

 

 

 

 

 

 

Langue d'origine : Français
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